Les premiers travaux d’assèchement des marais sont réalisés au XVII siècle par des Hollandais. Une digue, qu'on appelle aussi "levée de terre" entourant le marais est également érigée. Elle protège le marais des inondations provenant des terres, ainsi que les habitations des eaux estuariennes. En même temps, un réseau de chenaux et de fossés est alors mis en place. Ces drains permettant alors l'assèchement du marais et permet le développement d'activités socio-économique comme l'agriculture encore présente aujourd'hui.
Carte de Belleyme (1763-1764)
Le Marais de Bégadan - Saint-Christoly est un marais estuarien situé dans le Médoc d'une superficie de 456 ha qui se situe sur trois communes : Bégadan, Saint-Christoly-Médoc et Couquèques.
Une ASA de marais (Association Syndicale Autorisée) est un regroupement de propriétaires possédant une ou des parcelles au sein du marais. Chaque propriétaire paye une taxe (dépendante de la superficie de ses terrains) permettant de réaliser des travaux, notamment hydraulique et de végétation, pour le bien commun et pour le bon entretien du marais.
L'ASA des Marais de Bégadan - Saint-Christoly a été formée en .... et compte .... propriétaires.
Cartographie du marais de Bégadan - Saint-Christoly
Le syndicat est en cogérance du marais avec les propriétaires des parcelles, par le moyen d’un plan de gestion.
Un plan de gestion est un document de planification d'actions établie sur la base d’un état des lieux bibliographique et terrain et d’un diagnostic. Ce document a été rédigé entre 2020 et 2022.
Pour le plan de gestion du Marais de Bégadan - Saint-Christoly, les actions sont programmées pour une durée de 5 ans (2022-2026) et ciblent des actions permettant la bonne gestion et le partage des eaux et également des actions d’entretien et de préservation du marais.
L'état des lieux et le diagnostic ont permis de définir l'objectif du plan de gestion :
Gérer la ressource en eau en conciliant les usages et la biodiversité sur l'ensemble du marais, tout en valorisant ce territoire
ainsi que quatre grands enjeux :
De ces enjeux, découle des objectifs à long terme, puis des objectifs opérationnels et enfin des actions, au nombre de seize.
Le marais est constitué de :
Avec ces nombreuses prairies humides, l'agriculture est donc prédominante sur le marais, avec des prairies de pâturage de bovins et des prairies de fauche (nécessaire pour alimenter le bétail l'hiver).
Les vaches sont mises aux prés à partir du mois d'avril après les pluies jusqu'au mois d'octobre/novembre. La période fauche se situe entre le mois de mai et juillet selon les conditions météorologiques.
La chasse est également présente sur le marais avec notamment les battues aux gros gibiers (sangliers, cerfs et chevreuils), la chasse à la bécasse ainsi que la chasse à la tonne (chasse traditionnelle). Il y a trois tonnes de chasse dans le marais.
Les chasseurs participent aussi à la régulation du ragondin, espèce exotique envahissante.
Ce marais estuarien étant endigué, l'eau provient essentiellement de la pluviométrie et en moindre quantité du bassin versant amont (passage par des brèches). Il y a également une communication entre l'eau douce du marais et l'eau saumâtre de l'Estuaire de la Gironde.
En plus d'une levée de terre, ce marais possède une maillage hydrographique très dense composé d'une multitude de fossés et de trois cours d'eau principaux :
C'est trois cours d'eau restituent ensuite l'eau dans l'Estuaire de la Gironde.
Au port de By, il y a une paire de portes à flots, dont une qui possède une vantelle (porte rive gauche), permettant le passage des sédiments et des poissons migrateurs, notamment l'anguille.
A amont des portes, il y a deux vannes :
Le marais est un marais "inversé", c’est-à-dire que les points les plus bas topographiquement, ne se trouve pas à l’exutoire mais à l'amont du marais.
Après la première glaciation, il y a eu la déglaciation (entre 15000 et 6000 ans avant notre ère). Cette déglaciation a entrainé une élévation du niveau marin. Cette époque se caractérise notamment par d’importants dépôts sédimentaires sur les franges littorales, par des modifications de l’embouchure des fleuves. Ces dépôts de sables et d’argiles sont à l’origine de la formation de ce qu’on appelle les bourrelets alluviaux. Ils sont suivis par une dépression qui a été partiellement comblée par des alluvions continentaux dans la période qui a suivi. C'est ce qui explique le fait que l'aval des cours d'eau soit plus haut.
Photographie des portes à flots et de la vantelle au Port de By
Photographie des vannes du Grand (gauche) et Petit Chenal de By (droite)
Cartographie des grands habitats du marais
Cartographie de la topographie du marais (plus c'est rouge, plus le terrain est haut, plus c'est bleu foncé plus le terrain est bas)
Cartographie du réseau hydrographique du marais