Syndicat Mixte des Bassins Versants de la Pointe Médoc

Les marais

Les marais

Les marais estuariens de la Pointe Médoc sont des zones humides qui ont été façonnées par l'Homme. Ces territoires ont beaucoup évolué pour ressembler à ce qu'ils sont aujourd'hui. Ils jouent un rôle essentiel dans la régulation des eaux, la préservation de la biodiversité et la lutte contre les impacts du changement climatique. Ils rendent également possible de nombreux usages comme l'agriculture extensive, la chasse, la pêche et la randonnée. Le SMBV Pointe Médoc œuvre pour leur conservation et leur restauration.

Les usages


Le pâturage extensif

C'est l'activité économique la plus répandue dans nos marais. En effet, grâce aux réseaux de fossés et de drains, les terrains censés être immergés, se ressuient à la période des beaux jours (printemps, été et début automne) permettant ainsi aux agriculteurs de faire pâturer leur bétail sur ces terres. L'élevage des bovins est l'élevage principal sur notre territoire, on retrouve en moindre quantité des élevages d'ovins et de porcins.

L'effet du pâturage est bénéfique pour nos marais. En effet, les ruminants, notamment, broutent les jeunes pousses d’arbustes (ronciers, bourdaines, etc…). Cela évite la repousse des ligneux et permet ainsi de garder des milieux ouverts. Des études montrent également qu'une prairie pâturée possède une diversité d'espèces végétales plus importante qu'une prairie non pâturée et que la répartition de ces espèces est plus hétérogène.


La fauche

Pendant la période pluvieuse, lorsque le bétail n'est pas dans les prairies humides, il est en stabulation (en étable). L'éleveur, pour palier aux multiples besoins de ces animaux, doit réaliser du foin, de l'enrubanné ou/et du soutrage.


La fenaison : pratique agricole qui consiste à réaliser des bottes (rondes ou carrées) d'herbe séchée (foin) tout en garantissant un apport nutritionnel important (graines, tiges,...). Il y a 4 phases à cette pratique, nécessitant du matériel de fenaison attelé à un tracteur :

  1. le fauchage qui consiste à couper les végétaux d'une prairie avec une faucheuse
  2. le fanage qui consiste, sur plusieurs jours, à aérer et sécher les végétaux coupés à l'aide d'un faneur
  3. l'andainage qui consiste à regrouper le foin en rang (en andain) avec un andaineur
  4. le pressage qui fabrique les bottes à l'aide d'une presse ou d'une botteleuse.

Pour faire du foin, il ne faut pas de pluie pendant toute la durée du processus, sinon l'herbe fauchée va moisir et la conservation ne se fera pas.


L'enrubannage : pratique agricole quasiment identique à la fenaison, seulement le temps de séchage est diminué. L'herbe est donc très verte contrairement au foin qui est jaune/marron. Les bottes formées sont ensuite enveloppées dans un film plastique pour maintenir une certaine humidité, favorisant ainsi la fermentation, en l'absence d'oxygène, des sucres des plantes par des bactéries pour conserver l'aliment.

Le film plastique qui permet de maintenir le milieu sans oxygène, évite le développement de moisissure.


Le soutrage : originellement, c'est le produit du nettoyage des sous-bois des forêts de pins du Sud-Ouest qui été utilisé comme litière pour le bétail. Aujourd'hui les agriculteurs utilisent principalement des roseaux, des plantes n'ayant plus de graines (et ne pouvant plus servir de foin) ou leur surplus de foin comme litière.


La céréaliculture

Cette culture se pratique notamment dans les marais de mattes. Le type de sol (alluvions fluviatiles avec des sols limono-argileux) traduit un apport conséquent en nutriment et en eau. Les céréales dans cette partie du territoire, n'ont pas besoin d'être arrosées, il y a même un excédent d'eau que les agriculteurs éliminent grâce à un système de drains.


La viticulture

Cette culture est peu présente dans nos marais (contrairement au reste du territoire), uniquement sur les parcelles les plus hautes. En effet, l'eau présente dans ces zones, ne convient pas à la croissance des pieds de vigne.


La chasse

Il existe différents types de chasse (chasse à courre, chasse à la battue, etc). La chasse traditionnel du Médoc est la chasse à la tonne. Cette chasse consiste à faire le gué, entre le couché et le levé du soleil, dans une "tonne" (cabane souvent en bois, appelée "gabion" dans le nord de la France) et à attendre que les anatidés se posent sur le "blanc" (ou mare de tonne).

Sur notre territoire il existe de nombreuses Associations Communales de Chasses Agréées.


La pêche

La pêche en eau douce est peu pratiquée dans le Bas-Médoc. Il existe néanmoins deux associations de pêche sur le territoire : le Gardon Queyracais et la Gaule Viviennaise.

Les poissons d'eau douce qu'on peut retrouver sur notre territoire sont par exemple le gardon , la carpe, le black-bass, l'épinoche, le brochet, le brême, l'anguille, etc...


La randonnée

Permettant une pratique sportive pour tous, d'observer la nature et d'apporter la sérénité et le bien-être, la randonnée fait l'unanimité.

Retrouvez tous les itinéraires de randonnée sur l'application Mon Médoc du Parc Naturel Régional du Médoc.

Carte de Cassini.jpg
Carte de l'état major.jpg

Les marais d'hier à aujourd'hui

Au XVIème siècle, le Bas-Médoc était une grande zone humide où les habitants vivaient sur des "îlots" entourés par l'eau. C'était un pays très pauvre dont la population était décimée par les maladies.


Aux XVIIème siècle, le roi Henri IV ordonna à Monsieur Bradley et ses associées, des hommes Hollandais, d'assécher et d'assainir les marais et paluds. Ils ont alors construit des réseaux de fossés afin d'écouler l'eau le plus vite possible dans l'Estuaire de la Gironde. Pour certains marais, ils ont également créé un système de "talus" ou digue servant à enclaver le marais. Les parcelles de terre ont ainsi pu être ressuyées afin de mettre en place de l'agriculture.


Les Hollandais ont donc créé et construit les marais que nous connaissons aujourd'hui.

Carte de l'état-major (1820-1866)

Carte de Cassini (1756-1815)

Sur la Pointe Médoc, comme sur la plupart des marais estuariens de la rive gauche, les propriétaires de parcelles se sont rassemblés en Associations Syndicales Autorisées (ASA) de marais. Sur notre territoire, on dénombre dix-sept ASA de marais (voir carte interactive). Ce regroupement de propriétaires permet, par le moyen d'une taxe en fonction de la superficie du terrain, de réaliser des travaux de nettoyage de végétation ou de fossés permettant le bon maintien du marais.

Les actions du syndicat

Le SMBV Pointe Médoc œuvre, par ces missions et ces compétences, pour la préservation et la restauration de ces marais. Il a réalisé un plan de gestion pour le Marais de Bégadan - Saint-Christoly et il effectue d'autres actions telles que :

  1. Des cartographies et inventaires :
  2. Analyses des caractéristiques écologiques : inventaires faune/flore/habitats et diagnostics notamment avec l'emploi de stagiaire.
  3. Analyses de l'hydrologie du site : cartographie des cours d'eau et fossés, sens des écoulements, topographie.
  4. De l'entretien et de la gestion
  5. Gestion de la végétation et de la ripisylve des bords de cours d'eau
  6. Gestion des embâcles pour favoriser et diversifier les écoulements
  7. Entretien des cours d'eau pour assurer une bonne circulation de l'eau
  8. Des suivis
  9. Suivi des niveau d'eau, aux vannes, permettant la gestion et la surveillance des hauteurs d'eau, à l'aide d'une échelle limnimétrique
  10. Suivi physico-chimique (oxygène, pH, température, conductivité, salinité,...) à l'aide d'une sonde multiparamétrique
  11. De la sensibilisation
  12. Participation aux Journée Mondiales des Zones Humides avec d'autres partenaires techniques afin de présenter différents marais du territoire.

La biodiversité

Les marais regorgent d'espèces animales et végétales inféodés aux milieux aquatiques mais aussi des espèces ubiquistes.

Anguille.jpg
Orchis.jpg
cistude.jpg